Légende du Poker: David Sklansky
David Sklansky est l'auteur du fameux ouvrage de référence "La théorie du poker". Essayiste et mathématicien de renom, parfois incompris, David centre son analyse sur le fait de "tirer le meilleur du jeu".
Rien de ce j'ai déjà pu écrire à propos de David Sklansky n'a atteint le dégré de précision que j'aurai souhaité (exceptés sur les statistiques). La raison en est que David rajoute toujours plus de nouvelles explications qui me dépassent trop souvent. Je ne pense par que cet auteur cherche à embrouiller son public, mais la plupart d'entre nous venont dans ce monde avec une pseudo base en tête, et nous ne pouvons tout simplement pas comprendre l'essence même de ce qu'il cherche à expliquer.
D'après David : "à l'âge de 13 ans, je pense que j'étais certainement meilleur en maths, en science, en puzzle et en logique que la moitié de collégiens qui ont reçus des Prix de physique lorsqu'ils avaient 13 ans et qu'il tentaient toujours de résoudre les problèmes avec des astuces intélligentes." Comment peut-il savoir cela ? Mais je ne vais pas chercher à débattre avec quelqu'un qui faisait déjà des calculs bien avant d'intègrer "Teaneck High School" dans le New Jersy aux Etats-Unis, d'où il sortit diplômé en 1966.
En fait, en 6ème, son père travaillait avec lui pour l'aider à comprendre les calculs. Le professeur Irving Sklansky de l'Université de Columbia avoua qu'il travaillait constamment les maths avec lui, même si sa femme n'aimait pas cela. Apparemment, elle avait plannifié un destin de médecin pour David, mais en attendant le lycée, ce dernier avait plus de plaisir à jouer au billard et au poker que de penser à un avenir de médecin. Comme beaucoup d'autres grands joueurs de notre époque, David a eu la chance de jouer à des tables où les joueurs discutaient de chacune de leurs mains et les disséquaient à chaque coup. "Cet échange permettait à beaucoup de monde de penser énormément au poker" dit-il.
Après avoir obtenu en 1970 un diplôme de la Wharton School à l'université de Pennsylvanie, il retourna à Teaneck et trouva un emploi au Kwasha Lipton group, une compagnie de conseil en assurances à Fort Lee. Mais il commençait déjà à sentir le poids de la routine. Comme beaucoup d'employés plombés par l'ennui, David a trouvé une manière d'occuper son temps à sa manière... en utilisant un calculateur pour établir les probabilités des différents tirages au poker.
Sklansky a toujours aimé les maths. Utiliser son intelligence pour mieux comprendre les jeux de cartes et les paris lui semblait beaucoup plus naturel que d'aller à Las Vegas. Il découvrit que ses talents étaient non seulement d'une grande utilité aux tables de poker mais aussi pour dénicher les différentes faiblesses de certaines des promotions de beaucoup de casinos locaux.
David inventa des probabilités mathématiques dans le domaine des paris sportifs, du black jack ainsi que pour les jeux de roues tel que le "Big 6 Wheel". Exploiter ces statistiques est devenu un jeu d'enfant pour lui mais également une source de revenu régulière. Il a fallu du temps avant que d'autres s'interessent à ses capacités. John Luckman, membre du Gambler's Book Club à Las Vegas, fut l'un des premiers à lui demander d'écrire un livre sur le "7 Stud Hi-Low". Cependant, bien que David désirait évidemment donner son avis sur le jeu pour l'ouvrage "Super System" de Doyle Brunson, il préféra écrire un livre sur le Hold'em.
David n'était pas ce que l'on peut appeler un expert du Hold'em. Mais il décica d'aborder le jeu avec une approche mathématique des probabilités des mains initiales. Il créa des types de mains pour aider les nouveaux joueurs à apprendre le Texas Hold'em. Le livre s'est bien vendu depuis près de 20 ans ce qui montre que David est à la base de la popularité du Hold'em. Parallélement, il se demandait combien de temps il pourrait encore battre les casinos au blackjack avant de se faire refouler à tous les jeux présents en ville.
En 1977, David publia pour la premier numéro du magazine international sur les jeux d'argent "Gambling Times" un article intitulé "Getting the best of it" ("Tirez-en le meilleur possible"). L'article est par la suite sorti en 1989 aux éditions "Two Plus Two Publishing", dirigée depuis Las Vegas par le joueur Mason Malmuth avec lequel David a collaboré sur de nombreux ouvrages sur le poker. On peut dire que David a gardé depuis cet article cette vision du jeu depuis.
En résumé, David explique qu'il est nécessaire de jouer des mains ou des tirages avec une éspérance faible de victoire, sauf si bien sur vous perdez moins en ouvrant au pot ou en relançant qu'en vous couchant ou en payant. Ce concept, parfois perdu au fin fond de l'esprit de certains joueurs experts, est la base de la théorie de Sklansky concernant le poker mais aussi les autres jeux de chance.
Comme il le décrit dans son article: "Si le pot vous propose une côte de 5-1 et que vous êtes perdant à 4-1, vous devez absolument suivre parce que vous perdez plus d'argent en vous couchant." David poursuit en expliquant qu'il n'est pas nécessaire d'avoir à répéter les épreuves pour accepter une mise, si vous obtenez toujours 6$ pour 5$ sur la même mise, vous avez gagnez 50 cents sur chaque mise. Vous devez seuelement "continuer d'obtenir le meilleur de chaque main et vous verrez que vos gains seront à hauteur de vos espérances". L'argent perdu sur ce genre de mise (les 50 cents espérés de chaque mise théoriquement suivie) est communément appelé les "Sklansky Bucks" (les dollars de Sklansky).
David a été un très bon joueur dans les tournois de poker durant de nombreuses années, quand le temps le lui permettait. Bien qu'il n'ai jamais eu autant de publicités que les autres joueurs, il joue réguliérement en tournoi comme le tournoi 1000$ qui se tient chaque semaine au Bellagio à Las Vegas. Il a remporté trois Bracelets au WSOP et, en 2005, il a battu à la télévision une quantité d'auteurs reconnus du poker à leur propre jeu durant le tournoi "Book invitational" du World poker Tour. Il y réussit plutôt bien durant le tournoi principal 25.000$ en finissant 16éme pour un gain de 75.000$.
Durant les 30 dernières années, Sklansky a passé la plupart de son temps à écrire des articles (Gambling Times, poker Player, Card Player), des livres (une douzaine dont quelques uns en collaboration avec Mason Malmuth, et le plus remarquable d'entre tous "the Theory of poker" initialement intitulé "Winning poker" ou "Poker gagnant"), et à superviser son site internet. Plus récemment David a acquis sa première table de casino approuvée par le service de controle des jeux du Nevada.
David est toujours très ouvert et abordable en tournoi, y compris sur Internet. Ses commentaires suscitent souvent l'incompréhension parmi les joueurs, mais c'est un auteur qui m'a fait passé du doute à la croyance.
Il a été l'objet de beaucoup de pressions récemment : il a appris par le biais de la télévision qu'il pourrait recevoir un Prix Nobel, ce qui l'a persuadé de poursuivre la physique et l'économie plutôt que le jeu. Son travail dans le domaine du jeu (théorie et probabilités) est bien plus avancé que beaucoup d'autres auteurs, et classe David parmi un groupe de joueurs très particulier : les légendes du poker.
Un autre fait ayant reçu beaucoup de réactions fut le défi lancé par Daniel Negreanu qui désirait jouer contre lui en tête à tête pour un montant allant de 100.000$ à 500.000$. Il y a 25 ans, Sklansky se positionnait lui-même comme étant le meilleur joueur de "7 Stud Hi-Low" au monde et le 4éme dans le poker en général ("short handed", "full ring", et autres formes de poker). Mais aujourd'hui il voit cela bien différemment.
A vrai dire en réponse au défi de Daniel, Sklansky affirmait que Daniel avait une côte de 6- 5, et que de ce fait il n'acceptait pas la proposition que beaucoup d'autres joueurs auraient saisi à sa place. Je pense qu'une personne possédant un égo bien plus gros que le cerveau sauterait sur l'occasion. Ceux qui se moquent de David en raison de son refus devant le pari de Daniel ne semblent pas comprendre ce que Sklansky a tenté de nous apprendre durant toute sa vie : miser votre argent lorsque vous avez la côte et vous aurez toujours du plaisir à "tirer le meilleur du jeu" !

